Lettre ouverte au cardinal Bagnasco

بتاريخ : May 30 2011 10:54:44


En présidant la messe de l’Epiphanie dans la cathédrale de Gênes, le jeudi 6 janvier 2011, le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de la ville et président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), a déclaré : « Aussi effarés que le Saint-Père Benoît XVI devant l'intolérance religieuse et tant de violence, nous nous demandons : Pourquoi ? », puis de préciser à propos de cet effarement : « Cette question n'est pas une question rhétorique et ne cache en rien un désir de vengeance. Elle est sincère et nait - et il ne peut en être autrement - du sang de si nombreux chrétiens, de leurs souffrances. C'est une question qui fait écho au frisson d'interrogations qui parcourt tant de régions du monde : Pourquoi ? » ! Puis d’ajouter naïvement : « Peut-être parce que l'on identifie le christianisme au monde occidental et contre lequel explosent des ressentiments d'hier et d'aujourd'hui ? Mais il ne peut échapper que l'Evangile s'incarne dans chaque culture sans s'identifier à personne ».
 
Commencer son homélie en prouvant que ces questions ne cachent en rien un désir de vengeance, dévoile nettement l’arrière-fond de cette intervention largement médiatisée, presque composée de questions, où découlent toutes les accusations que le Cardinal insinue ou déclare ouvertement, mais qui fait sûrement partie intégrante de cette vague préméditée qui déferle contre l’Islam et les musulmans. C’est pourquoi il serait peut-être plus clair de continuer cette lettre ouverte sous forme de questions et réponses pour plus de clarté.
 
Cardinal Bagnasco : « Il est historique, et donc appelé à être sel et levain dans la pâte où il se trouve. Mais il revêt aussi une dimension métahistorique à laquelle on ne saurait renoncer. La foi chrétienne est présente dans le monde entier, selon le mandat du Seigneur, et s'implante, cohabite, de manière respectueuse et bénéfique, dans chaque pays, peuple, tradition ».
 
Réponse : Le fait que le christianisme  soit historique ne justifie point de l’imposer à tout le monde. Aucune raison sur Terre ne justifie ce maléfique décret de Vatican II (1965) imposant l’évangélisation du monde, et imposant la participation à cette évangélisation à tous les adeptes du christianisme, toutes confessions confondues ! Cela veut exactement dire qu’ils y a presque un milliard et demi de chrétiens qui sont poussés à participer à cette guerre de religion qui se passe sous le titre de ‘‘l’évangélisation du monde’’. Complot qui a officiellement commencé avec l’édit de l’an 528, obligeant les païens à se convertir par force. Quant à la dimension métahistorique, c’est une invention tissée à travers les Conciles, le long des âges, et ce n’est ni une raison ni une excuse pour l’imposer à tout le monde. Le  « Seigneur Jésus », comme vous l’appelez,  n’a laissé aucun mandat pour l’imposer à tout le monde, puisqu’il dit distinctement : « je n’ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d’Israël » (Matt. 15 : 24 ). La finale des deux évangiles, Matthieu et Marc, où ce prétendu mandat se trouve sont : la première est une manipulation, puisque la Trinité a été inventée en 381 au Concile de Constantinople ; et celle de Marc est un rajout, puisque dans les plus anciennes bibles intégrales, à ne citer que le Codex Vaticanus, s’arrêtent à la phrase 11 et non à 20, ce qui donne neuf phrases de rajoutées. La foi chrétienne a été implantée dans le monde entier, il est vrai, mais grâce à l’éradication de dizaines  de millions de personnes, crimes que le « Seigneur Jésus» n’a point mandatés. La foi chrétienne ne s’est pas implantée toute seule, mais elle a été imposée grâce à une inculturation ensanglantée,  abusive et criminelle. Elle cohabite, certes, mais ses mandataires ne la rendent point « une cohabitation bénéfique », comme vous le dites, puisque cette cohabitation vise à éradiquer toutes les autres croyances, à commencer par l’Islam.
 
Cardinal Bagnasco : « L’intolérance, dont les chrétiens font l'objet, est-elle due à leur propre intolérance religieuse ? Là aussi, nous devons regarder sereinement la doctrine de la foi et le comportement des disciples du Christ. Dans l'enseignement de Jésus il n'existe pas l'ombre d'une intolérance, mais uniquement l'invitation à chercher honnêtement la vérité, nous rappelant que seule la vérité libère l'homme et qu'elle est le critère du bien moral ».
 
Réponse : Tout ce déferlement de haine contre l’Islam surtout, et les autres religions ou croyances, est  sûrement de l’intolérance de la part du Vatican et de tous les dirigeants qui le suivent. Parler de vérité et présenter juste le contraire n’est pas de mise dans un sujet aussi sérieux et désastreux ! En ce qui concerne l’enseignement de Jésus où vous dites : « il n'existe pas l'ombre d'une intolérance » me permet de vous demander, Monsieur le Cardinal, de réviser votre Bible, Ancien et Nouveau Testaments, et surtout de vous inviter à lire la phrase de Jésus, disant : « Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence » (Luc 19 : 27) ! Si je ne me trompe, ce n’est point une invitation à l’amour du prochain, ni une recherche de la vérité !!  
 
 Cardinal Bagnasco : «  Là où ils vivent et sont majoritaires, les chrétiens ne sont arrogants envers personne, et encore moins intolérants ».
 
Réponse : Vous demander de relire votre Bible, c’est déjà beaucoup, mais vous prier de suivre les nouvelles du jour, de voir tout ce que cette Armada Vaticane impose ouvertement et/ou sous cape, contre l’Islam et les musulmans, en un temps où tous les discours, les interventions, les commentaires de votre Saint Père ne parlent que de cela, - pour ne rien dire des Présidents et de leurs ministres, qui chantent à l’unisson, de presque tous les journaux, programmes télévisés ou radiodiffusés, ce serait une honte, car cela signifierait que vous ne suivait absolument rien de ce qui se passe autour de vous ! Dire que tous ces chrétiens « ne sont arrogants envers personne, et encore moins intolérants» c’est juste l’opposé de la vérité à laquelle vous faites allusion. Regardez un peu se qui se passe dans chaque pays de l’Europe, où les musulmans sont des minorités, quoique comptés par millions, passez en revu les problèmes auxquels ils font face, puis parlez de la dite tolérance chrétienne !
 
Cardinal Bagnasco : « Mais alors, serait-ce que les chrétiens sont discriminés et pourchassés justement parce que, au nom du Christ, ils parlent de dignité et d'égalité envers chaque personne, homme ou femme ? Qu'ils parlent de liberté de conscience ? Parce qu'ils prêchent l'amour aussi envers leurs ennemis ? Parce qu'ils parlent de pardon, refusent la violence et agissent en artisans de paix ? Parce qu'ils prêchent la justice et l'Etat de droit ?
 
Réponse : D’abord ces chrétiens ne sont point discriminés ni pourchassés, ils ont toujours vécus parmi les musulmans en tant que partie intégrante du peuple et du pays. Les drames ne commencèrent qu’avec le décret raciste et discriminatoire d’évangéliser le monde, décret qui fit de ces même minorités chrétiennes, des liges du Vatican et des traitres contre leur concitoyens et contre leur pays. Ce que ces chrétiens font, sous l’ordre de votre Institution et ses décrets s’appelle de « l’évangélisation », et l’évangélisation, d’après tous les textes vaticanais veut dire : extirper les gens de leur propre foi, et leur imposer le christianisme. Ce qui se passe de la part de toutes vos organisations, est un crime et s’appelle non seulement de l’intolérance, mais une ingérence inadmissible et malhonnête, qui déstabilise les pays. Le fait d’intervenir de la sorte dans les pays à majorité musulmane ne s’agit point « de dignité et d’égalité », mais tient de la plus haute criminalité, car tous ces peuples musulmans du tiers-monde, comme vous les appelez au Nord, tiennent fermement à leur Islam, à leur islamité, et savent foncièrement que ce que vous leur proposez comme religion est une foi manipulée, faite de contradictions superposées fabriquées à travers les Conciles. Je n’aimerai point ajouter : révisez aussi, Monsieur le Cardinal, un livre d’histoire, mais surtout une histoire honnête du Christianisme !
 
Cardinal Bagnasco : «Serait-ce pour cela que certains les jugent dangereux et inacceptables, objet d'intolérance, qu'ils pensent qu'ils méritent la mort ou la persécution ? ».
 
Réponse : Je vous laisse le soin de comprendre la réponse, d’après ce que vous venez de lire et ce que vous devez lire !
 
Permettez-moi d’ajouter que terminer votre homélie en lançant « un appel à la communauté internationale et à l'Europe, en particulier, afin qu'elle intervienne d'une voix forte et claire pour que le droit à la liberté religieuse soit observé partout et sans exceptions », s’appelle jeter de l’huile sur le feu, s’appelle une incitation à une guerre d’extermination des musulmans, qui a déjà commencé, en feignant la sainte naïveté, pour ne pas dire hypocrisie, surtout en invitant vos fidèles à prier pour les défunts, pour leurs familles et aussi « pour les persécuteurs » qui sont supposés être des musulmans !!.
 
Cette homélie est une incitation à la vengeance mal placée, un cri de guerre odieux, révoltant et écœurant à la fois, surtout venant de la part d’une personnalité religieuse si haut placée, qui  prétend appeler ses adeptes à prêcher « l'amour aussi envers leurs ennemis » ! Car même là, dans cette incitation sournoise, vous placez les musulmans comme des « ennemis » par rapport aux chrétiens. Ce qui veut dire que vous leur insinuez en même temps le statut sous lequel vous cataloguez les musulmans pour faciliter ou normaliser les attaques.
 
En terminant cette réponse succincte, permettez-moi de vous demander : où étiez-vous, vous et tous ceux que vous essayez d’inciter à la guerre, lorsque des millions de musulmans ont été réduits en cendre, grillés, égorgés ou éventrés vifs, tués ou blessés, arrachés de leurs terres et de leurs maisons, pour extirper les matières premières et les richesses de leurs pays ? Je parle de millions. Où en êtes-vous du nouveau coup que les sionistes préparent actuellement contre les Palestiniens à Gaza, qui gît sous un interminable embargo et a déjà souffert d’une guerre plus que criminelle, avec le consentement ou la bénédiction de la grande majorité de la communauté chrétienne ? C’est leur TERRE usurpée par votre intermédiaire à tous qu’ils défendent. Quant aux chrétiens qui ont été victimes de la machination commise par d’autres chrétiens, qui dépendent de vos organismes, et que vous prenez comme prétexte pour envahir les pays musulmans, ce ne sont qu’une poignée, par comparaison, rien qu’une poignée ! Est-il lieu d’ajouter d’autres commentaires quand l’écart est si terrifiant ?!
 
Cette suite d’interrogations provocatrices, prononcées dans une homélie et médiatisées à une échelle peu connue, qui constituent un bourrage de crâne et une orientation guerrière pour vos adeptes, est une honte, rien qu’une honte, Monsieur le Cardinal, et ne fait honneur à personne.
 
 12 janvier 2011